Voir son chien manger ses propres crottes, ou celles d’un autre animal, est une situation déroutante pour de nombreux propriétaires. Ce comportement, appelé coprophagie, suscite souvent des inquiétudes et de nombreuses questions. Est-ce dangereux pour la santé de mon chien ? Est-ce le signe d’un trouble comportemental ou d’une carence alimentaire ? Les causes sont multiples et il importe de bien comprendre ce phénomène pour y apporter une réponse adaptée. Dans cet article, nous vous proposons d’explorer en profondeur les origines de la coprophagie, ses conséquences possibles, ainsi que les solutions concrètes pour accompagner votre compagnon vers un comportement plus sain. Nous vous guiderons également sur les démarches à suivre si ce comportement persiste malgré vos efforts.
Que vous soyez propriétaire d’un chiot curieux ou d’un chien adulte soudainement concerné, cet article vous aidera à mieux cerner les raisons de la coprophagie et à agir en conséquence, pour le bien-être de votre animal et la sérénité de votre foyer.
Comprendre la coprophagie chez le chien : un comportement fréquent

Définition et fréquence du phénomène
La coprophagie désigne le fait, pour un animal, de consommer des matières fécales. Chez le chien, ce comportement, bien que surprenant pour l’humain, n’est pas rare. Selon diverses études vétérinaires, 16% à 23% des chiens présenteraient régulièrement des épisodes de coprophagie, et près de 85% des propriétaires rapportent avoir observé ce comportement au moins une fois chez leur compagnon durant sa vie.
Quand la coprophagie est-elle normale ?
Chez la chienne ayant mis bas, la consommation des excréments de ses petits est un comportement maternel naturel. Elle permet de maintenir le nid propre et d’éviter l’attirance de prédateurs. Ce comportement s’estompe naturellement lorsque les chiots grandissent et commencent à s’autonomiser.
- Chez le chiot, la curiosité et l’apprentissage exploratoire expliquent souvent les premières ingestions.
- Chez les adultes, la coprophagie peut être sporadique et sans conséquence si elle reste exceptionnelle.
Différencier coprophagie occasionnelle et comportement problématique
La véritable inquiétude naît lorsque la coprophagie devient fréquente, compulsive ou s’accompagne d’autres troubles (perte de poids, troubles digestifs, agitation, etc.). Un diagnostic précis est alors nécessaire pour déterminer s’il s’agit d’un problème médical, nutritionnel ou comportemental.
Les causes principales de la coprophagie chez le chien
Origines alimentaires et carences
Dans certains cas, la coprophagie découle d’une alimentation inadaptée ou de carences nutritionnelles. Un chien dont la ration ne couvre pas tous ses besoins essentiels peut être tenté de compléter son alimentation par l’ingestion de selles, qui contiennent encore des nutriments non assimilés.
- Aliments de mauvaise qualité ou mal digérés
- Rations ménagères mal équilibrées
- Carence en vitamines du groupe B ou en enzymes digestives
Facteurs médicaux
Plusieurs pathologies peuvent prédisposer le chien à la coprophagie :
- Parasitoses intestinales (ascaris, giardia, etc.)
- Problèmes pancréatiques (insuffisance pancréatique exocrine)
- Troubles digestifs chroniques
- Séquelle de troubles métaboliques ou hormonaux (diabète, syndrome de Cushing…)
Un bilan vétérinaire complet est recommandé en cas de coprophagie persistante, surtout si elle s’accompagne de symptômes comme la diarrhée, la perte de poids ou l’abattement.
Causes comportementales et environnementales
La coprophagie peut également résulter d’un trouble du comportement ou d’un environnement inadapté :
- Recherche d’attention, notamment si la réaction du maître est vive ou punitive
- Ennui et manque de stimulation mentale ou physique
- Imitation d’autres chiens, surtout dans les foyers multi-chiens
- Nettoyage excessif du lieu de vie par le chien, surtout en cas de stress ou d’anxiété
Coprophagie et troubles anxieux
Chez certains chiens, la coprophagie participe à la gestion du stress. Ce comportement peut s’installer en réponse à une anxiété de séparation, un changement d’environnement ou un manque de repères familiaux.
Quels sont les risques et conséquences de la coprophagie ?

Risques pour la santé du chien
La consommation de matières fécales peut exposer le chien à des agents pathogènes (bactéries, virus, parasites) et à des toxines. Les risques sont amplifiés si le chien mange les excréments d’autres animaux, notamment dans les espaces publics ou ruraux.
- Contamination par des vers intestinaux
- Transmission de maladies bactériennes (Salmonella, E. coli…)
- Intoxications diverses, notamment si les crottes proviennent d’animaux ayant reçu des traitements médicamenteux
Conséquences sur la relation homme-animal
Outre les risques sanitaires, la coprophagie peut dégrader la relation affective entre le maître et son chien. Beaucoup de propriétaires ressentent du dégoût ou de la gêne, ce qui peut induire des réactions négatives (punitions, isolement du chien) contre-productives.
Complications digestives potentielles
Une ingestion régulière de crottes peut provoquer :
- Vomissements et diarrhées à répétition
- Altération de la flore intestinale
- Perte d’appétit et amaigrissement chez le chien fragile
Tableau comparatif : Coprophagie occasionnelle vs. coprophagie pathologique
| Caractéristique | Coprophagie occasionnelle | Coprophagie pathologique |
|---|---|---|
| Fréquence | Rare, isolée | Répétée, quotidienne |
| Conséquences | Aucune ou mineures | Risques sanitaires accrus, troubles digestifs |
| Origine | Curiosité, mimétisme | Carence, maladie, anxiété |
| Actions recommandées | Surveillance | Bilan vétérinaire, correction comportementale |
Comment empêcher mon chien de manger ses crottes ?
Adapter l’alimentation
Une alimentation équilibrée et de qualité supérieure est le premier rempart contre la coprophagie d’origine nutritionnelle. Privilégiez des croquettes premium, adaptées à l’âge et au niveau d’activité de votre chien. Si vous optez pour une ration ménagère, faites valider sa composition par un vétérinaire nutritionniste.
- Fractionner les repas pour éviter les fringales
- Ajouter des compléments enzymatiques ou des probiotiques si besoin
- Surveiller l’état des selles (consistance, odeur, couleur)
Modifier l’environnement et la gestion quotidienne
Réduire les occasions d’ingestion passe par une gestion rigoureuse de l’environnement :
- Ramasser rapidement les crottes dans le jardin ou sur les lieux de promenade
- Surveiller le chien à l’extérieur et détourner son attention dès qu’il s’approche d’une crotte
- Enrichir le milieu de vie avec des jouets interactifs et des exercices d’intelligence
Renforcer l’éducation et corriger le comportement
Le travail sur l’éducation est essentiel :
- Apprendre l’ordre « laisse » ou « pas toucher » dès le plus jeune âge
- Récompenser le chien lorsqu’il ignore une crotte plutôt que de le punir
- Éviter les réactions excessives qui pourraient renforcer le comportement (certains chiens cherchent l’attention, même négative)
Traitements et répulsifs : efficacité réelle ?
Il existe des produits répulsifs à ajouter à l’alimentation ou à pulvériser sur les crottes. Leur efficacité est variable et ils ne règlent pas la cause profonde. Ils peuvent cependant aider ponctuellement, en complément d’une démarche éducative et médicale.
Quand consulter un vétérinaire ou un comportementaliste canin ?
Signes d’alerte justifiant une consultation
Certains signes associés à la coprophagie doivent alerter :
- Perte de poids inexpliquée
- Diarrhée chronique ou vomissements
- Changement brutal de comportement
- Apparition soudaine de la coprophagie chez un chien adulte équilibré
Bilan vétérinaire : quelles investigations ?
Le vétérinaire procédera à :
- Un examen clinique complet
- Analyse des selles pour rechercher des parasites ou anomalies digestives
- Bilan sanguin pour évaluer l’état général et les carences
- Examens complémentaires (échographie, tests hormonaux) en cas de suspicion de maladie sous-jacente
Rôle du comportementaliste canin
Si la cause est d’ordre comportemental, l’accompagnement par un éducateur ou comportementaliste canin est recommandé. Il aidera à identifier les sources de stress, à mettre en place des stratégies de rééducation et à renforcer la confiance entre le chien et son maître.
- La coprophagie peut avoir des causes alimentaires, médicales ou comportementales
- Une prise en charge adaptée passe par un diagnostic précis et une gestion globale
- Consultez un vétérinaire en cas de doute ou de persistance du comportement
En définitive, la coprophagie chez le chien n’est pas toujours le symptôme d’un problème grave, mais elle mérite une observation attentive. Comprendre les causes spécifiques à votre animal est la clé pour y remédier durablement. Un accompagnement vétérinaire est incontournable pour écarter toute maladie sous-jacente et ajuster l’alimentation si besoin. Sur le plan comportemental, la patience, la cohérence éducative et l’enrichissement du quotidien sont essentiels pour aider votre chien à abandonner ce comportement inadapté.
Rappelez-vous que chaque chien est unique et que ce qui fonctionne pour l’un ne conviendra pas forcément à l’autre. N’hésitez pas à solliciter l’avis de professionnels compétents qui sauront vous guider vers les meilleures solutions. Avec du temps, de la compréhension et les bons réflexes, il est tout à fait possible d’aider votre compagnon à retrouver une hygiène de vie optimale, pour son bien-être et le vôtre.